Le contrepoint rigoureux.

En musique, le contrepoint rigoureux (souvent appelé contrepoint) est une discipline d’écriture musicale classique qui a pour objet la superposition organisée de lignes mélodiques distinctes.

  • Histoire du Contrepoint :

Le mot contrepoint vient du latin punctus contra punctum, littéralement point contre point c’est-à-dire note contre note.

Le contrepoint est plus ancien que l’harmonie tonale. Initialement modal, il est le fondement de la polyphonie qui a eu cours en Occident jusqu’au début de la période baroque. C’est durant cette dernière que l’harmonie acquiert une importance grandissante avec le développement de la tonalité. On considère généralement la musique de Bach comme la référence de l’équilibre de ces deux aspects de l’écriture musicale.

Par la suite, le contrepoint perd de son importance dans les compositions, mais conserve un grand intérêt pédagogique et demeure donc enseigné dans les écoles et conservatoires, tout en poursuivant son évolution. Ainsi, Pierre Boulez explique :

« J’ai travaillé le contrepoint en même temps que l’harmonie… deux disciplines qui doivent rester étroitement liées, car harmonie et contrepoint ne sont que les deux aspects fondamentaux de toute écriture polyphonique… Ce qu’il faudrait, c’est enseigner aux élèves toutes les disciplines de la polyphonie. »

Certains compositeurs voient néanmoins un avenir dans le contrepoint. Paul Dukas, par exemple, a dit à son sujet :

« Où allons-nous? Tout a été fait. Depuis ces vingt dernières années il semble que les limites extrêmes aient été atteintes. On ne peut être plus ingénieux, plus raffiné que Ravel, plus audacieux que Stravinski. Quelle sera la nouvelle formule d’art ? Il faudra retourner aux sources mêmes, à la simplicité, pour trouver quelque chose de véritablement neuf. Le contrepoint ? Là, sans doute, se trouve l’avenir.  »

  • Contrepoint et Harmonie :

L’approche harmonique est basée sur les enchaînements d’accords lesquels donnent lieu à des lignes mélodiques. L’approche contrapuntique, elle, considère en premier lieu la qualité des lignes mélodiques, les accords résultant des notes émises simultanément étant des conséquences.

Les lignes mélodiques se doivent d’être les plus conjointes possibles, et doivent respecter certaines règles de mouvement.

Des règles harmoniques existent, et sont destinées à cadrer les réalisations. On y évite notamment certains intervalles dissonants, et certains états de l’accord qui seraient en contradiction avec les fondamentaux de cette discipline. Par exemple, le second renversement est interdit, car il a des fonctions bien précises – passage, broderie et cadences – et qui n’auraient pas de sens en contrepoint. Ces règles harmoniques sont donc plus restrictives que celles en vigueur en harmonie tonale. Tout comme en harmonie, des dissonances passagères sont admises et sont également régies par des règles. Elles ajoutent un intérêt musical à l’œuvre.

L’esprit du contrepoint est réputé aussi important que sa technique, ce qui rend sa pédagogie difficile. Michel Baron l’exprime ainsi :

« Il n’est vraiment pas facile de rédiger un traité, ou même un cours de contrepoint. Même le grand Dupré s’est laissé aller à énoncer la puissante recommandation suivante dans son Cours de Contrepoint (page 9) : »

« Pour obtenir le mouvement conjoint absolu, (c’est-à-dire la gamme) l’élève doit s’efforcer d’éviter tout mouvement disjoint.»

Contrepoint et harmonie sont donc intimement liés. Il s’agit de deux angles de vue d’une même problématique : le contrepoint propose une vision « horizontale » de la musique tandis que l’harmonie en propose une vision « verticale ».

Texte issu de l’article de Wikipédia