Ouest France du 29/11/1988.

Les héritiers de « Marquis de Sade »

L’orchestre classique de Rennes jouera des oeuvres d’un viel Americain inconnu. Ce sera mercredi soir, sous les lustres du théâtre, le coup d’envoi des 10es transmusicales. D’ici dimanche soir, quarante groupes seront à l’affiche de ce festival rock qui donne un air « branché » a la vieille capitale bretonne.

RENNES. – Moondog, de son vrai nom Louis Hardin, est un aveugle americain de 72 ans, né dans une tribu indienne. Depuis quelques jours il ne passe pas inapercu à Rennes. Avec sa barbe blanche et ses longs cheveux, on dirait Vercingétorix. Mercredi soir, il jouera avec l’orchestre de la ville des oeuvres de sa composition. Entre rock, jazz et musique classique. A découvrir.

« Faire découvrir au public une programmation éclectique avec des artistes ignorés ou nouveaux, c’est notre but », expliquent les organisateurs des transmusicales. Dix ans de mission accomplie. Dès sa première édition, en 1979, le festival rennais révèle « Marquis de Sade », groupe toujours mythique. Cette année là, aussi, un jeune étudiant, assure les choeurs derrière des amis musiciens. II s’appelle Étienne Daho. Depuis, chaque édition a apporté sa révélation. Celles de ces dernières années seront pratiquement toutes à Rennes pour la soirée du dixième anniversaire, jeudi: Noir Désir, Stephan Eicher, Marc Seberg, Yargo, Mint Juleps… La salle de la Cité (1000 places) sera bien trop petite.

« Une affaire de famille »

Cette année, on attend beaucoup de Sugar Cubes, un duo islandais qui clôturera les « Trans » dimanche à minuit. Cependant, la révélation pourait être parmi les Americains Michelle Shocked ou Gertain General. Impossible de parier à coup sur. Pas un des cent journalistes attendus ne s’y aventurerait.

Cette originalité des « Trans » donne à Rennes un air branché que bien des villes lui envient. Pendant cinq jours elle devient le phare du rock en Europe. Un succès et une notoriété qui ne tournent pas la tête des organisateurs. Depuis dix ans, ce sont toujours es mêmes : Jean-Louis Brossard, Jean-René Courtès, Hervé Bordier et Béatrice Macé. « Pour nous, c’est une affaire de famille. II ne faut pas que les Trans deviennent un méga-festival. » Pourtant, l’an prochain il leur faudra sans doute s’installer dans une plus grande salle. « On verra. » La famille rennaise est vigilante.

Yvon Lechevestrier

Ouest France du 29/11/1988

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