1947 – 1949 : De Louis T. Hardin à Moondog.

Cela nous amène donc en 1947, date à laquelle Louis commence à user du pseudonyme de Moondog en hommage à Lindy, le chien qu’il avait lorsqu’il vivait à Hurley, et qui selon lui hurlait à la lune plus qu’aucun autre. Plus tard il apprendra que cela signifie « arc en ciel au dessus de la lune » pour les Inuits en Arctique.

Il se met aussi à écrire sa musique en braille. S’effectue alors un travail considérable avec l’aide entre autre du Dr Richard M. Williams, compositeur, arrangeur et pianiste, qui retranscrivait ce que Moondog lui dictait. Cette méthode fut utilisé pour bon nombre des compositions de Moondog. Une danseuse asiatique, Anna Naila, l’aidait également à transfigurer sur papier certaines de ses compositions.

Il développe également ses propres procédés rythmiques (le « Snaketime » en référence à l’ondulation du son par exemple). Il est important de garder à l’esprit que Moondog est avant tout un percussioniste, son travail est essentiellement rythmique. La majeur partie de ses compositions sont en 5 temps. Il allait même jusqu’à affirmer que « La race humaine s’éteindra dans un tempo de 4/4 ».

Moondog se voulait très classique dans sa musique, que ce soit au travers de la forme, du contenu et de l’interprétation. Cela s’avère tout de même difficile par moment, d’utiliser des procédés classiques pour obtenir un résultat qui ne l’est pas, mais c’est aussi ce qui fera de Moondog un compositeur original. A partir de procédé ancestraux et maintes fois utilisés par le passé il obtint un résultat nouveau, à l’heure même où les compositeurs cherchaient à créer une musique nouvelles grâce aux avancées technologiques.

De là, il décidera de marcher humblement dans les traces des grands maîtres de la musique Classique tels que Jean-Sébastien Bach (son favoris), Franz Joseph Haydn, Wolfgang Amadeus Mozart, Ludwig van Beethoven, Richard Wagner, ou encore Johannes Brahms, défendant leurs valeurs. La pièce de musique Classique préférée de Moondog était la Symphonie en Sol mineur de Mozart qu’il estimait être un mélange parfait entre classique et romantique.

Ne sachant guère trop comment se définir lui même, il partit donc du principe que les musiciens classiques équivalent à l’utilisation de « la note juste » en opposition aux musiciens modernes qui eux usent de « la fausse note » (atonalité donc). Moondog est donc un compositeur classique, usant de notes justes, mais d’une façon qui diffère de l’utilisation qu’en faisaient Bach ou Wagner.

Il faut savoir que la rigueur musicale de Moondog était exceptionnelle. Son compositeur de prédilection étant Bach, il étudia énormément ses partitions. Et plus il les étudiait, plus il se rendait compte que le « maître insurpassable » violait parfois les fondements de certaines règles musicales, faisant selon Moondog de terribles erreurs. Il pensait que Bach écrivait tellement de pièces et qu’il avait tellement d’enfants dont il devait s’occuper qu’il n’avait pas le temps de relire ses œuvres.

Il adopte alors un style lui étant propre dans lequel il use de nombreuses subtilités empruntées à la musique Classique, telles que les contre-temps, le contrepoint, l’improvisation ou les canons. La plus part des techniques citées ne lui furent pas enseignées dans les Écoles de musique qu’il fréquentait, il dû donc les approcher et les comprendre lui même.

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